Bonjour,
Je viens de voir le journal "Le Matin" qui nomme Blaise-Alexandre Le Comte ou encore Laurence Fehlmann Rielle, fustigeant un tract dénaturant le rôle réel des frontaliers dans notre pays.
De prime à bord, c'est bien Schengen II qui a mis le feu aux poudres selon le récit: "Nous avions peur des polonais et Genève des frontaliers."
J'ai voté NON à Schengen II, car je pense à juste titre que dans un monde de globalisation, il est important de sauvegarder d'abord nos acquis avant de distribuer à tout vas notre ressource humaine. Désormais, il n'existe, semble-t-il, plus d'érudit ingénieur suisse, mais de bon marché ingénieur indien, les centres d'appels ne sont plus profitables en Suisse, puisque certains pays africain propose la même chose, avec l'accent fribourgeois ou vaudois en plus pour quelques CFA.
Je ne tiens nullement pas mes propos à faire porter une croix ? par les frontaliers, mais il est temps de constater un ras-le-bol de certains citoyens qui sont obligés de vivre d'assistanat alors que nos voisins d'en face nous prennent nos emplois.
Avant Schengen II, un employé frontalier n'était embauché (?) qu'en absence d'équivalence de compétence sur le même territoire/ même annonce.
Comment m'expliquer alors qu'en tant qu'employé intérimaire (Manpower) et travaillant pour une entreprise métallurgique renommée de Neuchâtel depuis 11 mois, je me trouve toujours dans la même situation, alors qu'entre temps, deux employés , de compétences égales aux miennes, ont été engagés, dans un intervalle de deux mois, en CDI et venant tous les deux de France voisine (vous ai-je dit que mon chef est frontalier ?).
Il semblerait que leur compétence d'ancien fondeur leur soit favorable, ce que je croirais volontiers, si leur formation au sein de l'entreprise neuchâteloise n'avait pas été faite par d'anciens employés, dont moi-même (sans qualification en métallurgique, venant du secteur tertiaire).
On me rétorquera alors avec justesse que le salaire des frontaliers est plus avantageux que le salaire des Suisses, ou que les frontaliers travaillent mieux que les Suisses sachant la chance qu'ils ont (~ 2x le SMIC avec 4000CHF/mois) ou encore la non-syndicalisation des frontaliers, un avantage indéniable, sans oublier le désintérêt relatif du frontalier fasse à l'augmentation de salaire, ce qu'un Suisse ne tolérerait forcément pas.
Malheureusement, je constate que certains employés français empochent mieux qu'un employé suisse, indépendamment de la durée d'ancienneté, de comparaison de compétence et encore de la situation personnelle, et que les Français ne travaillent pas plus vite ni mieux que les Suisses (ce ne sont pas des supers héros à ce que je sache, ni des forcenés du travail comme le seraient à juste titre des indiens par exemple).
Là où les défenseurs de Schengen II avaient raisons, c'est que le dumping salarial n'existe pas en Suisse, mais la hausse de chômage ou sa baisse n'ont jamais été mises en relation par l'OFS ou tout autres offices compétentes (indice Manpower, Kelly's, CS, ?), car cela sort de leur compétence comparative et leur intérêt ne s'y trouve pas, puisqu'ils engagent eux-mêmes des frontaliers pour certains.
Nos dirigeants préfèrent ainsi voir leur citoyen s'attarder longuement dans une vie de misère au chômage, en intérim ou au service social et fournir des embauches à des étrangers dont ils prélèvent un impôt. C'est peut-être là la clef du succès suisse.
(A titre personnel: 5 postulations infructueuses à Carrefour, 2 à Nagra ID, 3 à Stryker, etc). Ce ne sont pas les chiffres du Lotto, mais le pactole en partie française, visitez le parking des employés pour vous en rendre compte.
Ce n'est donc pas un dialogue de commerce, mais bien une réalité que l'économie suisse et le DEWS se voile la face pour éviter de trouver une solution qui fâcherait l'Europe.
Je reconnais volontiers que l'auteur du site chomeurs.ch est quelque peu démagogique, sans pouvoir en apporter la preuve, dont je peux me tromper, mais il met le doigt sur un dysfonctionnement qui se reproduit dans le canton de Vaud, Neuchâtel, Jura, Fribourg, Berne, et j'en passe, je ne ferais pas le tour de Suisse, regardez le nombre de canton limitrophe avec l'Europe pour plus de clarté.
Alors oui, comme à son habitude, la Suisse va rester ainsi, faible devant l'Europe, et le remercie à coup de millions et de milliards de franc notre incompétence à éradique ce fléau, ?.
Jam's
Ps. A quand des conseillers frontaliers, des policiers frontaliers, des maires frontaliers, ? |